Août à Paris, novembre à Vierzon - L'échange à sa porte

Il est 23h30, nous arpentons les rues de Paris, petit sac à dos léger sur les épaules et jean-t-shirt pour honorer les sursauts estivaux dans un mois d’août francilien qui souvent rappelle novembre à Vierzon, mais avec plus de monde. Bref, c’est nous même que nous arrivons à la fin prématurée de notre maraude habituelle, faute de personnes connues dans les parages ce soir. Au détour d’un grand boulevard pourtant, nous croisons deux compères déjà rencontrés il y a longtemps. Si l’humeur du soir avait été tempérée, en oscillant entre l’échange furtif et un plaidoyer pour le rôle du Benelux dans la construction européenne, eux nous offrent une démonstration de bonne humeur et du plaisir de partager l’instant ensemble, les galères dramatiques sont racontées telles des anecdotes entre amis et, bien que tous à cet instant étaient sensiblement conscients des réalités que couvrait ce hall de magasin, nous n’en perdions pas une miette pour autant. On peut voir cette expérience de maraude sous différents prismes : l’un serait de dire que deux personnes nourries d’une bienveillance naïve se sont données l’illusion d’être utiles et que ceux qui les ont reçu (car c’est chez eux) ont simplement profité de cette intention. Vous reconnaissez cette froideur ? Moi oui, on l’arpente quotidiennement lorsque la critique n’est plus une avancée mais un refuge. Alors si l’on regarde cette brève expérience sous l’angle de l’échange humain, on a simplement pris le temps de partager, de rigoler au milieu d’une forme de détresse à laquelle on participe tous en tant que collectif. Le rictus qui m’a suivi au lit m’a rappelé que l’échange véritable peut être construit partout et qu’il faut le vivre pleinement.