3 chocolats, 3 cafés

L’AS l’avait prévenu de ma visite. Grand sourire. Il me fait visiter les lieux : sa chambre, la TV, la salle des fumeurs (au secours !), des non fumeurs, et la machine à café.

1er chocolat, il tient à m’offrir un café (eh oui cette fois c’est lui !) et le monologue commence (si si !) il me parle de son pied, des pompiers, d’ici, ses sorties cigarettes, café et baby au bar d’à côté, à la poste pour son argent, de son problème de peau (c’est fini, sauf le pied), de son épaule (a moins mal) de son oreille droite, il entend très mal, son expression « je suis entété avec mon oreille », il me le répètera souvent, ça le fatigue. J’ai l’impression d’hurler quand je lui parle.

2eme chocolat et un café pour moi, on aborde la maison de retraite et le monologue recommence (si si !), a bien assimilé ce que l’AS lui a dit : il aura sa chambre, y a un jardin, une TV, on peut sortir fumer, on ne va pas le forcer à y aller, il peut visiter. Je lui propose de l’accompagner.

3eme chocolat et un café pour moi, j’ose une question : « et vous en pensez quoi par rapport à la rue ? » : le monologue se poursuit : long long flash-back sur c’était dur, le froid dans son passage, la neige, et la pluie, la chaleur de la clim près de l’hôtel, Olivier et l’Australie, le kangourou, Olivier qui venait le voir en vélo, je ne savais pas quoi faire, c’était dur, les cartons volés, la soirée de Noël et tutti quanti…

Salle fumeurs : il me montre des tableaux et des miroirs au mur en faisant des commentaires, c’est fait par une femme ici, il a l’air content, la fumée dans la salle s’épaissit, je me décompose. C’est lui qui pose les questions : je suis bronzée ? je suis partie où en vacances ? et comme c’est mardi je vais marauder ? Il dit de dire bonjour aux autres.

Happy end : vous aurez compris que c’est une autre personne pour ceux qui le connaissent bien. Je n’ai presque pas parlé. Et en plus aujourd’hui il allait peut-être à l’expo du Quai Branly sur les Mayas !